L’eau est en train de devenir la ressource la plus rare et la plus précieuse de la Terre. Malgré toutes les alarmes lancées depuis plusieurs années, la prise de conscience est très insuffisante,elle est consommée d’une manière irrationnelle. L’agriculture représente plus de 70% de la consommation totale de l’eau, au Maroc comme aux autres pays à climat aride et semi-aride, le secteur agricole n’est pas en condition pour concourir économiquement pour cette ressource, les villes et les industries ont une capacité de payer plus et leurs productivités d’eau sont beaucoup plus élevées que celle d’agriculture.

Le réchauffement observé pendant plusieurs décennies a été relié aux changements survenus dans le cycle hydrologique à grande échelle, ce changement a provoqué une baisse importante au niveau des précipitations (en générale) mais aussi une irrégularité spatiale et temporelle de ces apports, une augmentation de la température et de la fréquence de l’amplitude des sécheresses.
En plus de ces défis naturels, il est à noter qu’entre 40 et 45% de la population active travaille dans le secteur agricole et par conséquent, il était nécessaire de mener une stratégie claire pour ce secteur. Effectivement, en 2008, le Plan Maroc Vert a été adopté comme équation de succès   et d’investissement agricole une, en ce qui suit, on se focalisera sur la partie liée à l’amélioration de la gestion et de la productivité de l’eau présentée par le Programme National d’Economie d’Eau d’irrigation (PNEEI).

Le PNEEI a été initié pour faire face à la raréfaction des ressources hydriques, il a comme objectifs principales de doubler la valeur ajoutée par mètre cube d’eau (de 2,6 Dh/m3 à 5,6 Dh/m3), économiser de 30 à 50% de l’eau, cela à l’intermédiaire de 3 axes :

1) la modernisation des réseaux d’irrigation collectifs (395000 ha);

2) la reconversion de 550000 (collectif et individuel) ha en irrigation localisée;

3) la promotion des cultures à hautes valeur ajoutée. Le budget   consacré pour le dit programme est de 37 milliard de dirhams (60% Etat, et 40% pris en charge par les agriculteurs) sur 15 ans.

En ce qui concerne la reconversion collective, les agriculteurs ont été regroupés autour des AUEA (Association des Usagers d’Eau Agricole) et ont bénéficié des subventions de 100%, pour les agriculteurs qui ont opté pour une reconversion individuelle, ils ont profité de 100% de la subvention si la superficie à reconvertir est inférieur à 5 ha et 80% si elle dépasse 5 ha.

Comme tout programme ou projet, au fur et à mesure de l’avancement, certaines problèmes commencent à apparaitre et notamment ceux de l’extension de l’irrigation non planifiée et donc il faut parler d’une valorisation d’eau au lieu d’économie, les difficultés de gestion des réseaux d’irrigation localisée ont donné lieu à une sur-irrigation et un apport en eau supérieur au besoin des cultures ainsi que des problèmes fonciers, institutionnels et organisationnels.

Pour atteindre les objectifs dressés au début du programme, il faut doubler les efforts en termes d’accompagnement et de sensibilisation des agriculteurs par l’organisation des formations continues, interventions à tous les niveaux, gestion de l’offre, la demande, gestion participative…

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