Contexte général 

L’assurance agricole fait son apparition au Maroc en 1920, organisée sous forme des caisses régionales, elles avaient pour mission au début de répondre aux besoins des seuls colons français.

Elles furent reprises et fédérées par les exploitants marocains en 1963 sous la bannière de la MAMDA (Mutuelle agricole marocaine d’assurances).

A partir de 2011, la convention entre la Mamda et l’État stipulait que  la Mamda  s’engage à entreprendre les démarches nécessaires, afin de proposer aux autres assureurs du marché marocain, d’adhérer à ce produit.

C’est dans ce cadre-là que Saham Assurances a lancé en janvier 2016 son nouveau produit d’assurance agricole baptisé « Taamine Al Mahssol », destiné à couvrir les récoltes céréalières, légumineuses et oléagineuses contre les principaux aléas climatiques (sécheresse, excès d’eau, gel, grêle, vent violent et vent de sable).

Ce lancement a fait l’objet d’une convention signée, entre le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, Aziz Akhannouch, et le Président directeur général de Saham Assurance, Ahmed Mehdi Tazi.

Cette démarche intervient dans le cadre d’un chantier global visant le développement de l’assurance agricole au Maroc dans l’objectif de réduire la vulnérabilité des petits agriculteurs face aux risques, de promouvoir et sécuriser l’investissement agricole.

Le lancement de ce nouveau produit d’assurance agricole s’inscrit également dans le cadre des efforts de lutte contre les effets du réchauffement climatique dont le point d’orgue cette année sera l’organisation au Maroc de la COP 22.

Que propose la Mamda ?

Depuis 2011, la Mamda (actionnariat étatique) soumet une assurance multirisque climatique. Les agriculteurs peuvent ainsi assurer leurs récoltes céréalières (blé tendre, blé dur, orge et maïs) et légumineuses (fèves, lentilles, petits pois, pois chiches et haricots). Le produit couvre l’ensemble des dégâts liés à la grêle, au vent violent (plus de 80 kilomètres-heure), au vent de sable, au gel, à l’excès d’eau et à la sécheresse. Les dégâts engendrés par une situation de « catastrophe naturelle » décrétée par l’État sont exclus de cette couverture.

Comment sont calculées les cotisations et les indemnisations ?

Le calcul de l’indemnisation est  en fonction du rendement de référence. Ce dernier correspondant à 60 % de la moyenne des rendements de la commune sur les dix dernières années, et du capital assuré par hectare (qui dépend de la superficie et des zones).

 

Indemnisation = capital assuré × pourcentage de perte

Pourcentage de perte =

1 – (rendement réel constaté/rendement de référence)

Cette assurance multirisque climatique coûte, systématiquement, à l’État puisqu’il ne subventionne pas les indemnisations (en cas de dégâts donc), mais les cotisations. La subvention varie entre 57 % et 90 % selon les cas (taux décroissant quand la superficie augmente).

Libéralisation du secteur

Juste après la signature de la convention, le 20 Janvier 2016, entre SAHAM, le Ministère de l’Economie et des Finances, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime et la MAMDA, pour le lancement d’un nouveau produit d’assurance agricole couvrant les risques climatiques, de vives critiques avaient surgi par les politiques marocains qui mettent en avant une sorte d’«exclusivité» accordée à l’assureur dont le fondateur et actionnaire de référence est ministre dans l’actuel gouvernement. Voulant couper court à cette polémique engendrée par la signature de cette convention, Saham Assurance décide la suspension de l’application de la convention, en attendant l’adhésion à ce produit de l’ensemble des autres compagnies intéressées, suite à l’appel lancé par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime”, précise la société dans un communiqué.

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