L’énergie fossile, aujourd’hui, pèse lourd sur le portefeuille de nos pays…

Moult polémiques s’en voient crées auprès des politiciens, des protecteurs de l’environnement et des citoyens au budget limité.

Si plusieurs campagnes de boycott des stations d’essence au Maroc ont longuement agité la toile via les hashtags. Elles n’ont pas perturbé le monopole pétrolier marocain d’un iota.

Des discours démagogiques et incessants nous assaillent dans les ondes à coups de chansons aux rythmes entraînants (sensés élever la pensée et la conscience populaire du commun des mortels). On prône l’utilisation des transports publiques, de bicyclettes parce que c’est écolo, que la COP 22 est passée par là, et que ça permet de garder la forme (énième raison de tenir cette indémodable résolution sportive de la nouvelle année).  On voudrait préserver les forêts. Nous sommes un pays où il fait malheureusement, un peu trop beau durant l’année. L’énergie solaire devrait se démocratiser, mais elle reste toutefois trop chère pour le marocain moyen.

C’est aussi la seule forme de messages qui enregistre le plus haut taux d’audimat. Le préféré de la petite ménagère maghrébine, trentenaire, maniaco-dépressive, blasée, écervelée et narcissique. Insouciante d’étaler sa vie privée sur les réseaux sociaux, du haut de sa perche à selfies, elle ne nous épargne aucun détail de son quotidien à la mécanique bien huilée. Même quand il s’agit de changer une vulgaire bonbonne de gaz butane à 80 balles.

J’adresse mes respects distingués aux femmes maghrébines : Des citadines perchées à leurs smartphones aux battantes des montagnes du Moyen ATLAS. Mais c’est à ça que nous réduisent les think tank du commerce.

Au Maroc, nous n’avons ni pétrole, ni gaz naturel… Mais encore, que sait-on de ce qui se trame à huit clos ? Par contre, nous avons des vaches !!

Ne fulminez pas, ne m’internez pas chez les fous, continuez votre lecture, de grâce…

N’avait-on pas pris Einstein pour fou ? Je n’ai rien inventé moi, je ne relate que des faits avec toute l’ardeur d’un néophyte… Ai-je déjà précisé que j’aimais écrire ? Toute passionnée que je suis, je n’essaie que de soulever le monde quand les sceptiques le laissent tomber. Je ne suis, de ce fait, pas folle.

Trêve de narcissisme, on croirait lire une ménagère trentenaire…

Le Maroc possède un cheptel bovin laitier de 3.2 Millions d’individus (Meuuu c’est trop bien !). En plus des différents produits allant à la consommation humaine, l’élevage bovin générerait du Méthane sous sa forme gazeuse.

Certes gaz à effet de serre. Mais à raison de 14% de l’ensemble du volume de méthane émis, l’élevage ne devrait pas être pointé du doigt comme étant une activité polluante comparée aux autres secteurs, encore moins dans notre pays.

La valorisation du Biogaz (méthane) est un procédé qui remonte à 1682 initié par Boyle. Le principe est simple, il repose sur la fermentation de la matière organique, des bouses de vaches en l’occurrence, en absence d’oxygène (anaérobie) sous l’action de bactéries qui va conduire à la formation de biogaz. Ce combustible est une source d’énergie renouvelable et « propre » d’où on peut tirer chaleur et électricité. Mais attention, ce n’est pas pour demain les slogans « De la vache à la prise de courant ».

Le premier digesteur de l’histoire a été mis en place à Bombay en 1852, mais ce sont actuellement les chinois qui dominent le marché des digesteurs de matières organiques. Le digesteur ressemblerait à une fosse sceptique hermétiquement couverte, duquel le gaz  produit est acheminé par des tuyaux aux centrales de collecte.

Dans les pays africains, ce processus est confiné au stade expérimental, mais installé dans quelques exploitations agricoles sous sa forme artisanale. Ce n’est pas pour autant que dans un futur proche nous irons acheter de la bouse à la ferme d’à côté pour dorer un steak… (C’est la partie un peu haut-le-cœur de la chronique).

Alternative au charbon et au bois, la fabrication du biogaz est lancée au Sénégal, au Burundi ou encore au Burkina Faso « puisque un sceau de bouse de vaches produirait la biomasse nécessaire aux besoins journaliers d’une famille de huit personnes ».  Elle permettrait de préserver les réserves forestières, de bannir les lampes à pétrole, de moins polluer les nappes phréatiques ainsi que les sols et de baisser les coûts alloués à l’énergie.

Le méthane contenu dans les déjections des animaux  a un rendement de conversion en énergie de 35%.

Cependant, même bien nourries, les vaches ne pourraient ni chauffer ni éclairer tout le pays. Mais elles faciliteraient la vie de plusieurs ménagères africaines, allégeant la pénibilité de leurs tâches quotidiennes qui consistent à tailler, à ramasser, à transporter le bois des forêts sur leurs dos.

En plus de la dimension humaine, l’extraction du Biogaz à partir des déjections animales présenterait diverses opportunités.

Sur le plan agronomique

La méthanisation anaérobique génère un effluent liquide qui peut être utilisé comme fertilisant organique dans la production des fourrages. Une combinaison Elevage-Cultures gagnante.

Ce purin a une teneur moindre en pathogènes puisque la fermentation anaérobie posséderait un pouvoir « hygiénisateur » et améliorateur de la capacité de fertilisation. Cette digestion apporterait des éléments directement assimilables par les plantes; surtout de l’azote ammoniacal et désactiverait les graines d’adventices.

Sur le plan environnemental

En premier lieu, la réduction des gaz à effets de serre est permise par la méthanisation. Ensuite  la baisse des odeurs désagréables des effluents atténuerait les coûts liés à la main d’œuvre et au matériel d’épandage du lisier.

Les déjections animales sont une ressource très disponible, non coûteuse et renouvelable à court terme. L’énergie produite par les déchets organiques des animaux pourrait être transférée dans des usines de méthanisation. Les fournisseurs d’électricité pourraient l’intégrer aux réseaux de distribution au même titre que l’énergie produite par les éoliennes et les centrales solaires.

Sur le plan économique et social

Le biogaz pourrait être un complément de revenus pour les exploitants agricoles. En vendant de l’électricité, on aboutirait à une autonomie et une décentralisation de la production au profit des régions rurales et agricoles enclavées et non desservies en énergie.

L’extraction du biogaz permet aussi la valorisation d’une ressource naturelle  initialement mise de coté.  Elle rémunère une partie de l’effort des éleveurs, puisque les installations du procédé nécessitent un investissement initial limité.

A long terme…

On pourrait espérer que les bouses de vaches remplacent les carburants fossiles, ou qu’une part soit intégrée dans les circuits de gaz.

En Europe, plusieurs expériences de la sorte ont réussi. En 1994, les bus de Lille en France ont fonctionné au Méthane raffiné extrait de déjections animales.

En suède 10 unités de production du Biogaz pour véhicules asservissent une flotte de 40 à 66 Bus.

L’avenir de la planète se jouerait alors en partie dans les bouses des vaches; énergie propre mais qui ne sent pas très bon. Je le concède !

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Ingénieure agronome de formation, spécialisée en biotechnologies et productions animales. J’ai, juste après, fait un léger twist sur l’agroalimentaire en me formant sur la gestion de crises sanitaires dans les entreprises. Les thématiques de sécurité alimentaire et de développement durable incombent à la responsabilité de chacun et me tiennent particulièrement à cœur. J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes (sans lui faire de mal, sans violence) et de découvrir le cœur du marché de l’agroalimentaire : La distribution ! C’est aussi le premier acteur qui peut avoir un impact fort sur toute la chaîne de valeur... La voie royale pour pouvoir réaliser ça : The Business School !!! Mais The Business school à ma sauce… J’apprends de nouvelles choses dans l’excellence et la flexibilité tout ce qui peut « nourrir » mon âme d’artiste, parce que…. Je suis passionnée d’écriture, d’alimentation et de satire sociale. Un hétéroclite mélange qui devrait faire bon ménage dans mes écrits.

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