Pays désertique à plus de 95 %, la Libye bien bourrée en or noir, a toujours souffert du manque d’eau. Mais en 1953, lors des explorations pétrolières au sud, on a accidentellement découvert une vaste nappe souterraine, qui s’étend sur 250.000 km2 et couvre en outre la Libye, le Tchad, l’Egypte, et le Soudan. La réserve en Libye est de presque 120.000 Milliards de m3,  soit une consommation de plus de 1000 ans !

Le colonel Muaamar Al-Kaddafi a décidé d’exploiter cette immense réserve au profit des libyens qui se concentrent surtout au nord du pays et de développer une agriculture moderne. Il a pour cette raison accordé 30 Milliards de Dollars (la moitié du budget de Libyen) pour transférer 6.5 Millions de m3 par jour à partir de plusieurs forage à partir desquelles on pompe l’eau pour la véhiculer via des milliers de kilomètres d’énormes conduites d’adduction en béton précontraint qui sont fabriquées par l’usine Marsa El Berga inaugurée en 1986 par le colonel, et ses hydromécaniques exportée des usines de l’entreprise Redali Tecna en Italie.

La réalisation de la Grande Rivière Artificielle  a commencé en 1985 pour s’achever en 2010 sur 3 phases :

  •  Phase I : Réalisation du premier axe à la région cyrénaïque (à l’Est), pour desservir la ville de Benghazi en 1991.
  • Phase II : Réalisation du deuxième axe de la région Fezzan (Sud Ouest) à la région Tripolitaine ( Nord Ouest), et arriver à Tripoli en 1997.

Ces 2 premières phases (au total 4.5 Million de m3 circulant sur 3600 km) ont été exécutées par le Sud-Coréen Chaebol Dong Ah.

  • Phase III : Finalement le troisième axe viser le  raccordement entre les deux branches Est et Ouest, et de desservir la totalité du littoral.
Carte GRA
Les 3 Phases du projet de la Grande Rivière Artificielle

L’infrastructure mise en place a permis la généralisation de l’alimentation en eau potable certes, mais  au détriment du développement de l’agriculture irriguée fixée initialement. En effet, le développement économique basé sur le Pétrole  a engendré des besoins exponentielles des consommations de la population urbaine (Plus de 50% des transferts du GRA en 2025) qui est en extension sur le littoral, et même sur les plaines de Jeffara  premiers terrains agricoles du pays qu’on commençait à abandonner à cause des tarissements des nappes avec la lenteur de l’arrivée du projet à ses bords. Ceci a obligé les autorités a revoir les objectifs, et de s’occuper de la sauvegarde des anciens périmètres irrigués du littoral, et de limiter les aménagements des périmètres à l’intérieur du pays à 3 seulement et sur des régions ou les conditions climatiques sont favorables, surtout que ces aménagement hydro-agricoles sont coûteux et l’expérience des périmètres existants a montré des faibles résultats de productivité.

Il est à noter que ce réseau en forme de π qui a laissé des bouches de raccordement afin de la prolongation vers la Tunisie en Ouest et l’Egypte en Est avait toujours suscité la colère des Etats-Unis, et l’accusait d’être utilisé pour acheminement des troupes militaires et terroristes et entrepôt d’armes chimiques. Quelques tronçons ont  même été bombardé en 2011 par l’OTAN lors de son intervention conte le régime Kaddafi.

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