D’ici les 40 années à venir, les experts prévoient un bouleversement climatique caractérisé par des sécheresses extrêmes et des modifications hydrologiques, impactant surtout les réserves en eau souterraines, et menaçant plus de 50 % de la population mondiale par la difficulté d’accès à l’eau et ses conséquences comme la famine et les épidémies. Les pays menacés chercherons la mobilisation de nouvelles ressources, même chez les voisins, et c’est de là que commencent les conflits armés entre les Etats sur ressources en eau stratégiques, et qui peuvent se transformer en guerres pérennes.

Nous proposons une série d’articles, sur les plus célèbres conflits sur l’eau que connait le monde actuellement, et qui vont sûrement se multiplier dans le futur..

Syrie Vs. Israel : Le Jourdain

Le proche orient est l’une des régions arides au monde touchée par la rareté de l’eau. Conscients de l’ampleur de la problématique, les dirigeants de l’Etat hébreux nouvellement créé en 1948, n’ont épargné aucun effort pour assurer la sécurité hydrique d’Israel qui ont promis de reverdir les déserts sur les quels se trouve. Ils se sont pointés alors sur le « Jourdain », le fleuve qui les séparaient de leur voisins Syrien et Jordanien.

A part son importance historique et religieuse, puisque  les évangiles y localisent le baptême du Jésus-Christ, le Jourdain représente la principale ressource hydrique dans la région, avec un débit régulier de 32 m3/s s’étalant sur 360 km.

De point de vue Israélien, ce fleuve leur appartient et considèrent qu’il est leur seule ressource, contrairement aux Syriens qui disposent de l’Euphrate et de Barrada ou des Jordaniens qui ont l’affluent Yarmouk.

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Le Joudain (Crédit. H2O)

Depuis 1951, Israël a entrepris l’exploitation du Jourdain pour l’irrigation de ses déserts. Face à l’opposition de Damas, des experts Soviétiques, Égyptiens et de l’ONU ont proposé un plan pacifique de partage des eaux du fleuve entre les Etats voisins, mais les Etats Unis de Eisenhower ont défendu une position radicale contre la Syrie, ce qui a fait échouer les négociations.

Tel Aviv avait considéré cette position comme un feu vert des Etats Unis d’exploiter le Jourdain, et commençait alors la construction d’un grand canal détournant les eaux vers tout le pays.

La Syrie savait que ce canal la condamne à soif, et elle a fait feu en 1953 sur les chantiers et les ouvriers israéliens. Les bombardements successifs ont forcé les israéliens d’arrêter la construction du canal et abandonner le chantier.

Et depuis, Israel s’est tournée vers la Mer de Galilée (Lac Tibériade) pour terminer en 1964 les travaux de l’Aqueduc National Israélien qui pompe l’eau depuis cette mer et la refoule au Désert du Néguev.

La Syrie en réponse, décide d’agir en amont et propose de creuser des réseaux et canaux et détourner les rivières et ruisseaux se jetant dans le Jourdain et la Mer Galilée, et de partager équitablement l’eau avec la Jordanie. Ce projet a été soutenu par la Ligue Arabe qui s’est engagée de financer la construction d’un grand barrage. Ce qui allait transformer la Mer Galilée en mer salée, et mettrait en péril l’existence de l’Etat Hébreux.

Après la Guerre des Six Jours en Juin 1967, dans laquelle se sont battus directement l’Egypte, la Syrie, la Jordanie, le Liban, Israël et indirectement les Etats Unis, la Grande Bretagne et l’URSS; Israel a définitivement détruit le barrage syrien et a capturé le plateau Syrien du Golan (contenant le 50% des eaux minérales de la région et d’où 1/3 des gorgées d’eau bues proviennent de ses ressources souterraines), la Rive Ouest du Jourdain, la Bande du Gaza, et a élargi son accès aux rivières Yarmuk et Jourdain pour renforcer son contrôle des ressources hydriques.

Aujourd’hui, Israël renforce de plus en plus sa défense sur le Golan surtout avec les rebelles armés que connait la région et qui peuvent à chaque moment penser à arracher ses ressources pour persister.

L’exploitation de ces ressources, a permis le développement d’une agriculture irriguée très modernisée aux déserts au sud de la Mer Morte d’où proviennent la plupart des exportations agricoles israéliennes.

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