Le partage de l’eau entre pays voisins les mettaient souvent en conflit, surtout si le pays se trouvant en amont mobilise le maximum qu’il en soit de la ressource, et diminue la part de ceux qui sont en aval. Se voir privé de droit d’eau, provoque une certaine rage chez les pays en aval à l’arracher de toutes manières.

Nous continuons toujours avec la série des conflits sur l’eau, cette fois-ci dans une des régions les plus peuplée au monde, au sous-continent indien.

Pakistan Vs. Inde : L’Indus

En 1947, le Raj Britannique a été séparé en 2 dominions selon les majorités religieuses qui les présentent, et a donné naissance par la suite à deux Etats : l’Inde (Majoritairement Hindou) et le Pakistan (Musulman pour la plupart). Ces deux voisins de 2900 km de frontières, que chacun possède des bombes nucléaires, n’ont jamais établit éternellement la paix.

L’une des principales raisons était la répartition des eaux. En effet, la  séparation des deux pays en 1947 était beaucoup plus en faveur de l’Inde, qui de part sa proximité de la chaîne montagneuse des Himalaya (au Cachermire Indien) avait garanti ses réserves hydriques en amont du fleuve Indus, à l’opposition du Pakistan se trouvant à l’aval de ses écoulements, dans des régions désertiques.

LINDUS
Le fleuve Indus prend naissance des Himalayas en traversant l’Inde et le Pakistan et se jette dans la Mer d’Oman. (Crédit. i2.wp.com)

Un premier accord sur la répartition des eaux de l’Indus a eu lieu la même année (Accord du Sandill). L’année suivante qui était de guerre, l’Inde a arrêté l’approvisionnement envers le Pakistan le 1er Avril, et l’accord s’est annulé, pour qu’il soit remplacé un mois après par un nouvel accord (de Delhi) dans lequel l’Inde procédera à des limitations progressives des flux pour permettre au Pakistan de s’ingénier à trouver des solutions d’approvisionnement complémentaires, qui s’occupera en outre des charges financières de la gestion de l’Inde.

A partir de 1950, la Banque Mondiale a impulsé des nouvelles négociations entre les deux Etats qui partent de deux principes : La coopération est la base de la gestion des eaux du bassin de l’Indus ; Les solutions adoptées doivent être fonctionnelles et non politiques.

Ces négociations ont abouti au Traité de l’Indus en 1960 qui réparti géographiquement les ressources :

  • Les affluents de l’Est du Bassin de l’Indus (Beas, Sutlej et Ravi) appartiennent à l’Inde
  • Les affluents de l’Ouest du Bassin de l’Indus (Jhelum, Chenab et l’Indus) appartiennent au Pakistan.

Ce traité a pu résisté malgré les 2 guerres qu’on connu les 2 pays, et qui n’ont jamais rompu les réunions techniques bilatérales.

Mais en 2005, la Pakistan a demandé la Banque Mondiale, garant du traité, de mobiliser un expert, et à empêcher l’Inde de construire le Barrage Baglihar sur Chenab associé à une centrale électrique de 900 MW. L’arbitrage a autorisé en 2007 la poursuite de la construction du barrage qui va coûter à 1.9 Milliards de Dollars, à condition de diminuer de 1.5 m sa hauteur, chose qui a été estimé comme mesure négligeable par le Pakistan.

Le Pakistan a considéré  le projet de construction de 11 barrages mené par l’Inde comme « Terrorisme de l’Eau », et a décidé de répondre avec le vrai Terrorisme. Plusieurs attentats ont eu lieu du 26 au 28 Novembre 2008 sur des Gares, Hôtels, Restaurants et Commissariats à Mumbai avec des prises d’otages et échanges de tirs, et ont fait 195 morts civils. Officiellement, personne n’a dit que les raisons de l’attaque sont liées à l’eau, mais le groupe terroriste responsable des attentats avait déclaré clairement :  » Ces problèmes liées à insuffisance de l’eau sont apparues à cause de l’Inde, et pour étancher sa soif, le Pakistan boit le sang de l’Inde ».

En 2010, le Pakistan a saisi la Cour Permanente d’Arbitrage de La Haye pour empêcher cette fois le complexe hydro-électrique de Kishangana sur la rivière Neelum qui représente un risque potentiel d’insuffisante hydrique pour le Pakistan. L’arbitrage de La Haye a permis la construction à condition de laisser véhiculer un débit de 9 m/s vers le Pakistan.

L’Inde multiplie l’investissement en infrastructures de mobilisation. Plus de 50 barrages ont été construits dans le cachemire indien sur les cours d’eau dont l’aménagement est confié au Pakistan par le traité de l’Indus.

Et quand Islam Abad qui dépend à 64% de l’Indus accuse l’Inde d’abuser de sa position et d’en mettre pression, Delhi répond que le Traité l’autorise à exploiter davantage qu’il ne le fait maintenant. En fait l’Inde défend l’amélioration du Traité de l’Indus, que l’emploi des nouvelles technologies non existantes en 1960 permettra de la création de nouvelles retenues et sources électriques qui seront bénéfiques à la population locale, majoritairement musulmane.

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