Après le tas de traités et d’accords sur l’exploitation du Nil , L’Ethiopie a finalement décidé la construction de son Grand Barrage de Renaissance sur une superficie de 1800 km2 à 40 km de l’Est du Soudan, dans l’Etat de Benishangul au nord de l’Ethiopie.

Ce barrage poids conçu par le bureau italien Studio Pietrangeli se compose de deux parties distinctes et séparées :

  • Partie principale en Béton Compacté au Rouleau BCR, d’une longueur de crête de 1780 m et de 155 m de hauteur, où les Plus Hautes Eaux PHE atteignent 145 m et que le volume de la retenue est de 14.5 Milliards de m3. Avec un déversoir laissant passer 10500 m3/s à deux centrales hydro-électriques extérieures contenant respectivement 10 et 6 turbines Francis de 375 MW, soit une puissance générée de 6000 MW;
  • Partie auxiliaire de 55 m de hauteur s’étalant sur 4800 m, sous forme de col en enrochement revêtue avec de Béton Renforcé de Fibres sur 0.5 m d’épaisseur, et peut retenir 60 Milliards de m3. Avec un évacuateur de crues qui permet de véhiculer tout excédant de la retenue dans le cours initial du Nil bleu vers le Soudan.

Avec cette retenue de 75 Milliards de m3, le barrage emmagasinera l’équivalent de la totalité des parts annuelles de l’Egypte et Soudan.

Ce que critiquent les pays de l’aval sur le barrage, c’est d’abord l’énorme risque de sa destruction puisqu’il se trouve dans une zone sismique sur des roches basaltiques qui n’ont pas la portance et la capacité de résister à un gigantesque tel ouvrage, et puis sa conception qui est semblable à celle des barrages de l’aval, parce qu’il ne contient pas de Vidanges de Fond qui permettent de véhiculer les eaux aux pays de l’aval sans passer par les turbines ou par les évacuateurs de crues en cas dépassement du niveau des PHE.

Selon l’hydrologue égyptien Muhamad Hafez, les lâchers du barrage de la première année seront moins de la part du Soudan fixée en 1959, dans la deuxième année ils arriveront à cette part de 18 Milliards, et en troisième année le lâcher sera 24 Milliards, et n’arrivera pas donc à l’Egypte sa part « historique » de 32 Milliards, de plus que pendant les années de remplissage de la retenue de 75 Milliards de m3, l’Ethiopie aura besoin de 100 Milliards m3 (avec l’infiltration et l’évaporation) et ne pourra donc jamais assurer les parts de l’Egypte.

La suite, dans une troisième partie.

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